la biologie de papy - 06








COMMENT VERIFIER CETTE 
HYPOTHESE ?

Comment mettre en évidence un équilibre hormonal qui ne peut
s'extraire ni à l'eau, ni à l'alcool, ni à l'éther, ni au benzène,
et qui ne peut donc être ni isolé, ni purifié, ni analysé?

Papy l'a peint en vert et photographié (chap.07)




Pour vérifier tout ça, Papy propose de s'y prendre comme suit:
Une série de plantes jeunes (et vertes: voir ci-dessus) seront sélectionnées: il faut qu'elles aient le même génome, le même âge, le même état physiologique, le même aspect phénotypique. Elles seront alors réparties en lots de cinq ou six individus, aussi homogènes que possible. Le premier de ces lots sera traité avec de l'eau (ce sera le lot témoin), les autres avec des solutions d'auxine ou de gibbérelline à des concentrations équivalentes et de plus en plus fortes. Et puis on attendra, le temps nécessaire, pour que l'effet des traitements soit visible à l'oeil nu (il vaut mieux éviter les statistiques)... En veillant bien sûr à ce que toutes ces plantes bénéficient des mêmes conditions de milieu.

En fin d'expérience, on prendra des photos, et on prélèvera séparément les feuilles et les racines de chaque lot pour analyser... pour analyser quoi? on verra bien. De toutes façons, que l'hypothèse soit juste ou fausse, l'évolution des plantes témoins traduira ce qui se serait normalement passé dans toutes ces plantes aussi bien au niveau du métabolisme fondamental (activité des gènes, synthèse des ARN et des enzymes) qu'au niveau du métabomisme intermédiaire (synthèse et dégradation des sucres, des graisses, des protéines) ou de l'aspect phénotypique des plantes (croissance, différenciation, reproduction etc). Et alors de deux choses l'une:


1. L'hypothèse est juste. Les auxines et les gibbérellines agissent réellement au niveau des groupes AT et GC de l'ADN, contrôlant ainsi la synthèse des enzymes.
- Tout ce qui s'est passé dans les plantes témoins en cours d'expérience est donc lié à l'évolution d'un équilibre auxines/ gibbérellines endogène complexe.
- Les différents traitements ont donc modifié cet équilibre naturel en faveur des auxines ou des gibbérellines, d'autant plus fortement que la dose utilisée était plus importante.
- Et les résultats obtenus vont nécessairement démontrer que, lorsqu'un traitement à l'auxine fait "blanc", un traitement à la gibbérelline fait "noir", le phénomène devant être d'autant plus marqué que la dose utilisée est plus importante.

2. L'hypothèse est fausse. Auxines et gibbérellines n'agissent pas au niveau des groupes adénine/thymine et guanine/cytosine de l'ADN. Ce qui s'est passé dans les plantes témoins n'est pas lié à l'évolution d'un équilibre auxines/gibbérellines endogène. Les traitements à l'auxine et à la gibbérelline n'ont donc pas pas modifié cet équilibre. Il faudrait un miracle pour que les résultats obtenus correspondent aux résultats escomptés.



Le directeur qui ne croit pas aux miracles accepte. Reste le choix du matériel. Papy n'a pas de préférences. Si l'hypothèse est juste, elle doit se vérifier dans tous les cas et toutes les conditions. C'est donc le directeur qui décide. Ce sera la variété de tomate Supermamande, sensible à la fusariose, dont il peut obtenir des graînes sélectionnées et homogènes, et un champignon pathogène, le Fusarium lycopersici. On est dans un laboratoire de physiopathologie végétale. Ce n'est donc pas au niveau de la croissance que l'hypothèse sera vérifiée, mais au niveau de l'évolution des relations hôte/parasite.



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