la biologie de papy - 07









PREMIERS ESSAIS

Si les premières expériences donnent des résultats mitigés, à l'automne
les choses s'arrangent, les traitements à la gibbérelline freinant, les
traitements à l'auxine favorisant l'évolution de la maladie




Un mois plus tard, les plantes sont prêtes. Papy se met à l'ouvrage. Sans grand succès au départ. C'est l'été. Et les expériences qui se succèdent donnent des résultats mitigés.





Un mois avant que les photos précédentes n'aient été prises, toutes ces plantes étaient parfaitement identiques. Elles étaient arrivées au stade "4-6 feuilles" et prêtes pour l'expérience. Elles ont alors été dépotées, et leurs racines soigneusement lavées. Les plantes qui figurent sur la première photo ont alors été simplement rempotées: ce sont les plantes témoins, indemnes de maladies. Les plantes qui figurent sur la deuxième photo ont été inoculées par trempage des racines dans une suspension de spores de fusarium avant d'être elles aussi rempotées. Le fusarium est en effet un champignon qui vit normalement dans le sol. Il s'introduit dans les plantes par les racines, et colonise peu à peu tous les autres organes en empruntant les vaisseaux conducteurs de la sève élaborée. Un chemin d'accès particulièrement bien adapté: la progression y est facile, la nourriture choisie et abondante... D'où le mode d'inoculation évoqué ci-dessus.

Le lendemain, toutes ces plantes, saines et malades, ont été réparties en lots de cinq individus, et chaque lot traité par brumisation des feuilles:
- les premiers avec de l'eau, autrement dit avec rien du tout..., de façon à ne pas modifier l'équilibre hormonal naturel des plantes. C'est le cas des plantes que l'on peut voir au centre de chaque photo, que nous appellerons "plantes témoins".
- les autres avec des doses croissantes d'AIA, la plus connue des auxines (en allant vers la droite à partir de la plante témoin)... et d'AG, la plus représentative des gibbérellines (en allant vers la gauche à partir de ce même témoin)... de façon à modifier l'équilibre auxines/gibbérellines naturel de ces plantes de plus en plus fortement, en faveur des auxines (plantes de droite) ou des gibbérellines (plantes de gauche).


Résultat: Si l'influence des divers traitements sur l'aspect phénotypique des plantes saines n'a rien de surprenant (elle correspond en tous points aux descriptions qu'on peut trouver dans la littérature, photo n° 1)..., si elle peut aussi confirmer l'hypothèse dans le cas des plantes malades traitées avec la gibbérelline (plantes de gauche sur la photo n° 2: les effets apparents de la maladie vont en s'atténuant jusqu'à disparaître complètement)..., elle pose par contre sérieusement question dans le cas des plantes inoculées traitées avec l'auxine, les différents traitements paraissant sans effet sur l'évolution de la maladie (plantes de droite sur cette même photo).




Fin octobre cependant, les choses s'arrangent. La dernière expérience mise en route donne enfin les résultats escomptés. On est en automne. Les conditions de milieu sont moins favorables à l'évolution de la maladie. Et si les traitements à l'AG (plantes de gauche sur la photo n° 4) permettent toujours une meilleure tolérance des plantes vis-à-vis de la maladie, les traitements à l'AIA (plantes de droite) font maintenant eux aussi preuve d'efficacité en favorisant l'attaque du fusarium.






Un accident de parcours: au cours de ces derniers essais, une plante inoculée avec le fusarium est accidentellement contaminée par le virus de la mosaïque du tabac. Mais alors que les autres plantes du même lot présentent les symtômes classiques de la fusarioses (taille réduite, épinastie foliaire... voir les photos de plantes malades présentées ci-dessus), la plante surinoculée avec le virus de la mosaïque ne se distingue des témoins sains correspondants que par les symptômes foliaires de la mosaïque (juxtaposition de plages jaunes et vertes, faisant penser à une mosaïque). Un mois plus tard, les feuilles jaunissent brusquement et tombent. Les vaisseaux conducteurs de la sève ont pris dans les tiges et les racines une coloration brune, caractéristique des plantes atteintes de fusariose.



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