la biologie de papy - 08








EVOLUTION DES PLANTES EN FONCTION
DE TRAITEMENTS A L'AUXINE ET
A LA GIBBERELLINE

les traitements à l'AIA ralentissent l'évolution naturelle des
feuilles et accélèrent celle des racines..., les traitements
à l'AG ont dans tous les cas des effets opposés




Encouragé par ces résultats, Papy est maintenant bien décidé à pousser le bouchon un peu plus loin. Mais dans quelle direction? Etudier ce qui se passe au niveau fondamental (ADN, ARN, enzymes) n'est pas vraiment dans ses compétences. Il passera donc par le métabolisme intermédiaire, et plus précisément par l'étude des teneurs en azote et en sucres des plantes. Ce qui, avec un peu de chance, ne devrait pas être trop difficile... On sait en effet que la teneur en sucres et en azote des tissus végétaux évolue avec l'âge et l'état physiologique des plantes. Et on peut très bien imaginer que cette évolution du milieu dans lequel se développe le parasite soit à l'origine des phénomènes observés. En 1953, R.W. LEWIS ne résumait-il pas en effet la situation en ces termes: "The possible combinations of Foods present plus the capacity of the parasite to respond differently to these combinations account for the varying degrees of resistance and susceptibility not explicable in other terms... One can imagine combinations of metabolites that would permit any intermediate condition between complete resistance and complete susceptibility". C'est donc dans cette direction que s'orienteront les recherches.

Je ne vais pas raconter par le menu ce travail de fourmi. Si les détails vous intéressent, vous pouvez toujours vous adresser au directeur de l'INRA qui, j'en suis persuadée, se fera un plaisir de farfouiller dans ses archives pour vous donner les renseignements demandés. Disons en résumé que ces travaux, vus sous l'angle de la biologie de Papy, de ce que l'on sait de l'évolution du rapport sucres/azote en fonction de l'âge des plantes et des données fournies à l'époque par la littérature sur la teneur en hormones des différents organes végétaux, mènent aux conclusions suivantes:
- les traitements à l'AIA ralentissent l'évolution naturelle des feuilles et accélèrent celle des racines (ils rajeunissent les feuilles font vieillir les racines).
- les traitements à l'AG ont dans tous les cas des effets opposés, effets d'autant plus marqués que la dose d'hormones appliquée est plus importante. Exemple:




Ces observations n’ont rien de vraiment surprenant. Elles confirment les données fournies par la littérature selon lesquelles la sénescence se traduit:
- dans les feuilles par un phénomène d’hypoauxinie (en termes d’équilibre, par une diminution de la teneur en auxines liée à une augmentation de la teneur en gibbérellines)...
- dans les racines par un phénomène d’hyperauxinie (en termes d’équilibre, par une augmentation de la teneur en auxines liée à une diminution de la teneur en gibbérellines)...



Tout ceci pouvant paraître compliqué, voici un petit schéma rassemblant toutes ces données et permettant de comprendre pourquoi un traitement à l'AIA peut tout à la fois "rajeunir" les feuilles et faire "vieillir" les racines.




Ce schéma repose sur le principe suivant: toute plante est constituée au départ d’une cellule unique, dans laquelle il ne peut régner qu’un seul équilibre auxines/gibbérellines, et un seul rapport sucres/azote. Au vu des résultats précédents, on peut dès lors penser que cet équilibre connaît, dès les premières divisions cellulaires, une double évolution:
- évolution en faveur des gibbérellines dans les cellules allant donner naissance aux parties aériennes de la plante,
- évolution en faveur des auxines dans les cellules allant donner naissance aux racines.

Le passage progressif des parties aériennes de l’oeuf a l’embryon, de l’embryon à la jeunesse, de la jeunesse à l’âge adulte, à la vieillesse et à la mort correspondrait alors à une lecture progressive d’une moitié du génome, liée à une évolution de l’équilibre hormonal en faveur des gibbérellines et aboutissant à l’hypoauxinie mise en évidence dans les feuilles âgées.

Le passage progressif des racines de l’oeuf au stade embryonnaire etc. correspondrait à la lecture progressive de l’autre moitié du génome. Lecture liée à une évolution de l’équilibre hormonal en faveur des auxines et aboutissant à l’hyperauxinie mise en évidence dans les racines âgées.



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