la biologie de papy - 11








ACTION EN RETOUR DE LA PLANTE
 SUR LE CHAMPIGNON

En milieu artificiel, le fusarium provoque une chute spectaculaire
de la teneur en sucre, comme chez les plantes. En viellissant,
il synthétise un pigment qui, dégradant les vaisseaux
conducteurs de la sève, empêche l'assimilation
normale de l'azote par les racines.




Par curiosité, Papy va aussi étudier le comportement du fusarium sur milieu artificiel liquide agité. Un milieu simple, dans lequel il fait varier la teneur en sucre (glucose) et en azote (sel d'ammonium) en sens inverse l'une de l'autre, comme cela se passe dans la plante. Avec les résultats suivants:






Dans les premiers jours, le champignon se développe normalement dans tous les milieux, les cultures présentant un aspect blanc et floconneux.

Au matin du quatrième jour, une surprise: les quatre flacons contenant le milieu n°1 (le plus riche en sucre, le plus pauvre en azote) ont pris durant la nuit une coloration rouge vif, les autres conservant leur aspect blanchâtre... Au matin du cinquième jour, deuxième surprise: les quatre flacons contenant le milieu n°2 ont à leur tour pris cette même coloration... Et de nuit en nuit, de milieu en milieu, le même phénomène se répète. Le dernier milieu, très pauvre en sucre et très riche en N, fera seul exception à la règle. Il gardera son aspect blanchâtre jusqu'au terme de l'expérience.

L'étude au microscope des différentes cultures montre que sur les milieux très riches en sucre le fusarium se développe de façon inhabituelle. Alors qu'il se présente normalement sous forme de longs filaments enchevêtrés (le mycélium), il prend ici la forme de petites cellules rondes et isolées qui lui donnent l'aspect d'une levure, ce petit champignon qui transforme le sucre en alcool et qui rend de si grands services à nos viticulteurs. Et c'est ainsi que, sans l'avoir réellement voulu, Papy a peut-être trouvé la réponse aux deux questions posées précédemment.



Question n° 1: pourquoi la plante inoculée avec le fusarium rajeunit-elle dans un premier temps?

Le fusarium est un champignon dit "imparfait". Imparfait parce qu'on ne lui connaît pas d'autre mode de reproduction que la reproduction végétative. Ce qui le rend inclassable, la classification des champignons étant basée sur leur mode de reproduction.

Les observations faites au microscope conduisent dès lors à poser la question suivante: ce champignon imparfait ne serait-il pas apparenté aux levures? En d'autres termes, n'aurait-il pas, tout comme les levures, la manie de transformer les sucres en alcool?
- ce qui expliquerait la faible teneur en sucres des plantes malades et la cure de jeunesse involontaire que leur impose le parasite.
- ce qui expliquerait aussi pourquoi les plantes traitées à l'AG, riches en sucres, paraissent mieux s'accomoder de sa présence que les plantes traitées à l'AIA.



Question n° 2: pourquoi, dans un deuxième temps, la plante vieillit-elle brusquement?

Suivant les conseils du directeur de laboratoire, Papy va aussi extraire et purifier le pigment responsable de ces surprises en chaîne. Un pigment sans doute connu puisqu'il donne aux cultures âgées de fusarium une coloration rouge/violacée si habituelle qu'on n'y prête même plus attention. Un pigment qui, purifié, cristallise en longues aiguilles acérées. Un pigment aux propriétés colloïdales évidentes: soluble en milieu acide (il prend alors cette couleur rouge dont nous avons parlé), il flocule en milieu basique, prenant alors une couleur violacée beaucoup moins attrayante. En fin de compte, un oxydo-réducteur puissant synthétisé par le champignon vieillissant, et qui est vraisemblablement à l'origine des "symtômes vasculaires de la fusariose" (coloration brune prise avec le temps par les vaisseaux conducteurs de la sève chez les plantes atteintes de fusariose).

En contribuant à la dégradation des vaisseaux conducteurs dans les racines, ce pigment empêche-t-il ces organes de fonctionner normalement, d'où un appauvrissement de la plante en N?... En contribuant à la dégradation de ces mêmes vaisseaux dans les tiges, favorise-t'il l'augmentation des teneurs en sucres observées dans les feuilles des plantes les plus atteintes, les sucres synthétisés dans ces organes ne pouvant plus migrer normalement en direction des autres tissus? Faute de pouvoir le demander à la plante ou au champignon, Papy se contentera donc de cette réponse en point d'interrogation, somme toute parfaitement logique.

Remarque. Il y a une chose de sûre: les milieux utilisés ci-dessus étaient beaucoup moins riches en sucre en fin qu'en début d'expérience, le seul développement du champignon ne suffisant pas à expliquer l'ampleur du phénomène. Papy a bien tenté de faire des dosages d'alcool, mais s'y prenant peut-être mal, il n'a pas réussi à doser quoi que ce soit.



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