Ce qui vient d'être dit concernant le fusarium et sa propension à transformer les sucres en alcool (ou en autre chose) va de toutes façons nous aider à comprendre la relation tomate/VMT (virus de la mosaïque du tabac).
Le VMT est, comme tout virus, composé d'un acide nucléique et d'une enveloppe protéique, deux constituants particulièrement riches en N (160 mg par g de matière sèche). Pour se développer, il lui faut donc trouver dans les tissus de la plante-hôte de grandes quantités d'azote. On estime par exemple que dans certaines feuilles virosées le 80 % de l'azote dosé est représenté par l'azote viral. D'où ces deux conséquences, presque incontournables:
- les dosages en N des plantes malades ne signifieront pas grand'chose, du point de vue qui nous intéresse, la méthode utilisée dosant non seulement l'azote des tissus végétaux, mais aussi l'azote viral.
- on peut s'attendre à ce que les tissus virosés soient plus riches en sucres que les tissus sains correspondants, phénomène lié à la diminution de la teneur en azote des tissus végétaux devant logiquement résulter de la prolifération du virus et qui expliquerait l'hypoauxinie caractérisant les feuilles malades.
Dans la série témoin, la teneur en sucres des feuilles augmente avec l'âge de la plante, les teneurs en N diminuent. Comme à l'habitude, l'AIA freine, l'AG accélère le processus. Les teneurs en sucres dosées en fin d'expérience dans les feuilles malades sont plus élevées que celles des feuilles témoins. Les teneurs en N sont apparemment équivalentes. Compte tenu de la présence du virus, les teneurs en azote correspondant aux seuls tissus végétaux sont donc sans doute inférieures aux teneurs en N des feuilles témoins. Ce qui correspond aux résultats escomptés (voir paragraphe précédent).