la biologie de papy - 13








ACTION EN RETOUR DE LA PLANTE 
SUR LE VIRUS

Nous avons vu que le virus en se multipliant puise dans les tssus de
la plante hôte de grandes quantités d'azote. Lorsque la teneur
en N devient trop faible, sa croissance est stoppée.




Pour expliquer l'influence de la plante sur le virus, Papy peut difficilement recourir à l'artifice utilisé dans le cas du fusarium. Un virus ne se développe pas sur milieu artificiel. C'est un parasite absolu, qui ne peut survivre en dehors de l'organisme vivant. Et il voit mal comment expliquer la chose en partant de la relation tomate/VMT.

Il va donc choisir une plante/hôte différente: le tabac. Une plante qu'il connaît et qui semble particulièrement bien adaptée à ce genre d'étude. Le directeur du laboratoire et la plus grande partie de son équipe étudient en effet l'influence de la température sur la relation hôte/parasite existant entre le tabac et ce même virus (cf la contamination accidentelle par le VMT d'une plante atteinte de fusariose).

Le tabac possède de grandes feuilles lancéolées pourvues de poils. Si on trempe une baguette de verre dans une suspension de virus, et si on frotte légèrement l'épiderme d'une feuille avec la baguette en question, certains poils vont se briser permettant au virus de pénétrer dans la plante. Deux cas peuvent alors se présenter:

- cas n° 1: Le virus se multiplie gentiment. Il commence par envahir la feuille, puis colonise progressivement toute la plante, racines comprises. Sans provoquer de réactions particulières, sinon des plages blanches ou jaunes qui apparaissent à la surface des feuilles (d'où le nom de mosaïque donnée à la maladie), une croissance réduite et une mauvaise qualité des feuilles qui perdent toute valeur commerciale. On dit alors que la plante est sensible, ou qu'elle appartient à une variété sensible à la mosaïque du tabac.

- cas n° 2: Trois jours après l'inoculation apparaissent aux endroits de pénétration du virus de petites taches brunes, nécrotiques, de deux millimètres de diamètre. Ces taches sont entourées d'une auréole jaunâtre dans laquelle on peut déceler la présence de virus. Mais ce virus, privé de son enveloppe protéique, est à l'état latent, incapable d'envahir les tissus voisins qui restent verts et sains. Ceci à température ordinaire. Car si on place cette plante à une température de 30°C, le virus jusqu'alors inactif recommence à se multiplier et envahit maintenant les tissus voisins. Une activité qui va durer aussi longtemps que la plante reste à 30°C. Si on replace cette plante à 20°C, les tissus colonisés se nécrosent, une auréole jaunâtre apparaissant au pourtour des zones nécrotiques. Une auréole qui contient du virus, incapable à nouveau d'envahir les tissus voisins. On dit que la plante est hypersensible à la mosaïque du tabac.


Ce qu'il y a d'intéressant dans cette histoire, c'est qu'on retrouve ici, localisés dans l'espace, trois événements qui normalement se succèdent dans le temps: feuille verte, feuille jaune, feuille morte. A l'évidence, le virus trouve dans les feuilles hypersensibles un milieu qui lui convient très bien. Si bien qu'il s'y multiplie de façon très rapide. De façon si rapide et si intensive:
- que les tissus colonisés, littéralement vidés de leur azote, meurent de vieillesse et se nécrosent,
- que les tissus voisins, mis à contribution eux aussi, sont déjà si pauvres en azote qu'ils jaunissent, témoignant d'un état de sénescence avancé. D'où l'impossibilité pour les particules virales qui ont commencé à s'y multiplier d'achever correctement leur croissance. Voilà donc notre virus, à demi constitué et ayant perdu tout pouvoir infectieux, obligé d'attendre qu'un phénomène extérieur (une augmentation de la température par exemple) veuille bien redonner à la plante une nouvelle jeunesse. Avec son corollaire obligatoire: une relance du métabolisme azoté.



Est-il bien nécessaire de préciser que Papy a pris la peine de récupérer quelques plantes de tabac dont personne n'avait besoin pour étudier leur réaction à l'auxine et à la gibbérelline, et pour comparer les teneurs en N de plantes placées à 30°C avec celles de plantes restées à 20°C?



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